Juppé ad Patres

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Juppé (foudroyé par Nathalie Kosciusko-Morizet) salue son ami et complice Sarkozy …

On ne va pas tirer sur une ambulance, même si elle rentre au garage. Alain Juppé s’en va siéger au Conseil d’État, il quitte la mairie de Bordeaux et cette ville qu’il a « tant aimée ». Voilà ce qu’il a déclaré, larme à l’oeil et sanglots dans la voix devant ses administrés étonnés.
Il jette l’éponge, le vieux briscard, il l’a fait en catimini, sans rien dire à personne. Il quitte une scène où il n’a plus de rôle à jouer pour pantoufler à Paris à douze mille euros par mois.
Amidonné, cassant, imbu de sa personne, froid comme une lamproie girondine, Alain Juppé incarnait l’Etat, son idéologie figée et sa distance d’avec le peuple, le vrai. C’était un homme de l’ancien monde qui donnait des leçons à tout venant tout passant et n’en acceptait de personne.
Victime collatérale des gilets jaunes, nous n’allons pas le plaindre, il a louvoyé toute sa vie entre droite et gauche, se gardant bien de l’une comme de l’autre. Il finira dans les corbeilles de l’Histoire.
Sauf qu’avant de passer ad patres il donnera encore son avis depuis ce Conseil Constitutionnel, planque dorée où des « Pères » de la république cultivent leurs rancoeurs, jalousies et règlements de compte toute pudeur envolée.
Ne pouvait-il pas, comme simple citoyen, prendre sa (très confortable) retraite et se consacrer à ses petits-enfants, une collection de timbres-postes ou un voyage aux Galapagos ?
Trop vulgaire, ma chère, trop « peuple ».
Et puis, à part pérorer, se montrer et donner un avis pas toujours autorisé, que sait-il faire d’autre, que connaît-il ?
Rien !

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Dresde, 14 février 1945

Du 13 au 15 février1945, « dans le but de terroriser la population civile », ainsi qu’il est écrit (en anglais) dans les préambules du bombardement, la ville de Dresde a été foudroyée par sept mille tonnes de bombes incendiaires qui firent entre cent-trente-cinq et deux-cent-cinquante mille victimes, des civils dans leur grande majorité. Aux yeux de la Convention de Genève, pareil préambule est constitutif d’un crime de guerre. Dénoncé, certes, mais jamais jugé !
Le devoir de mémoire, c’est aussi rappeler le sort effroyable réservé à l’Allemagne vaincue par des alliés ivres de leur victoire. C’est avoir une pensée pour les quatorze millions d’Allemands qui, en 1945, furent expulsés des Sudètes, de Poméranie, de Courlande, de Hongrie et de Roumanie, terres sur lesquelles les pères de leurs grands-pères étaient nés. C’est dénoncer le crime du général Eisenhower qui, sur les rives du Rhin, laissa mourir de faim des milliers de prisonniers allemands.
Les crimes de guerre des alliés demeurèrent dans, leur immense majorité, impunis. Staline donna lui-même l’ordre à ses commissaires politiques aux armées de ne pas refréner l’ardeur de ses soldats à violer toutes les femmes allemandes (et pas seulement) qu’ils croisaient sur leur chemin.  Quant au pillage systématique de l’industrie allemande, les Soviétiques en firent leur spécialité. Mais pas seulement en Allemagne. Averti que les Anglais se préparaient à  bombarder le complexe industriel de Auschwitz-Treblinka, Staline demanda à  Churchill d’y renoncer. Il voulait récupérer intactes les usines dans lesquelles travaillaient les déportés, les démanteler et les installer en Union Soviétique. Ce que Churchill accepta et tant pis pour les déportés.
La deuxième guerre mondiale fut déclenchée à l’initiative de la France et de la Grande-Bretagne. Les Sudètes, terres allemandes en Tchécoslovaquie, restent aujourd’hui encore quasiment vierges d’habitants. La Poméranie allemande, devenue polonaise, est à peine peuplée. Et ne parlons pas de l’exil forcé des élites allemandes de Roumanie et de Hongrie qui laissèrent derrière elles un désert scientifique et culturel.
Il serait sans doute temps de rétablir quelques vérités historiques.
Et d’avoir une pensée pour ces hommes, ces femmes, vieillards et enfants victimes de la folie meurtrière de leurs semblables.

A qui profitent les actes antisémites ?

Un tag antisémite dans le 13e arrondissement de Paris, le 11 février.

Grande émotion hier dans les cercles de pouvoir : les actes antisémites ont augmenté de 74 % en 2018. Et chacun d’y aller de son indignation ; la république est en danger, des temps révolus repointent le bout de leur nez. Nous connaissons cette oraison, c’est toujours la même qui serait parfaitement respectable si elle ne cachait des intentions plus occultes et moins altruistes. Mais avant d’aller plus loin, mettons les choses au clair.
Des actes qui s’en prennent à la religion ou la race de qui que ce soit sont parfaitement odieux et, en outre, nihilistes. Notre ennemi, ce n’est pas le Juif ou le musulman, le noir ou l’Arabe, c’est celui qui nie notre identité et met notre conception du monde en danger. Celui qui nous dit : tu n’es pas celui que tu penses être, tu es tout autre et, moi, je te dirai qui tu es.
Nous pensons aussi que le Juif, comme tous les braves gens, souhaite vivre sa petite vie, de préférence sans histoires et que la création d’un « grand Israël » ou le protocole des sages de Sion ne constitue pas l’essentiel des ses soucis, loin de là.
Les derniers actes antisémites, à savoir des croix gammées taguées sur le portrait de feue madame Veil et la destruction de deux arbres plantés en hommage à Ian Halimi sont stupides, contre- productifs et carrément odieux.
Ils ont cependant permis de mettre en exergue les 570 églises vandalisées en France l’année dernière ; soit plus d’une dizaine par semaine. Le ministre de l’Intérieur ne pouvait pas faire autrement, sinon persifler en direction des gilets jaunes et des réseaux sociaux qui « banalisent » l’antisémitisme », « cultivent la haine » et « sèment la discorde ». Bonne excuse pour motiver une loi encore plus restrictive de nos libertés qui se concocte sous les lambris des ministères et de l’Elysée.
Car c’est bien de ça qu’il s’agit : faire taire toute opposition au système et présenter ce dernier comme « progressiste », donc « bon », face aux rétrogrades de tout bord que sont ces gilets jaunes.
Ces derniers, paraît-il, si l’on en croit les sondages, sont réceptifs aux thèses complotistes et à la théorie du grand remplacement, théories hautement fascisantes comme vous le savez tous.
Alors, chiffres en mains, pourquoi ne pas en profiter et faire un amalgame subtil entre gilets jaunes, opposition au système et antisémitisme ?
Outre que le procédé n’est guère élégant, il est éculé.
Faut-il que le pouvoir soit aux abois pour instrumentaliser de la sorte.
Et ne pas pointer du doigt la source de ces turpitudes.
Eglises saccagées, actes antisémites … à qui profitent ces crimes ?
Aux gilets jaunes ? Nenni !
Alors à qui ?
Poser la question, c’est déjà y répondre !

L’Evangile des évangéliques

Le président Trump chez les évangéliques

 

L’évangélisme est un mouvement religieux d’origine réformée qui nous vient des États-Unis où il est devenu en quelques années le courant religieux numéro 1, devançant, et de loin, les Baptistes dont il est pourtant issu.
Protestant , il l’est, de tradition calviniste même, mais là s’arrête la comparaison car l’évangélisme, loin d’être une théologie est plutôt une intuition personnelle. A l’ère de l’individualisme, il permet au fidèle, dans le respect de certaines règles contraignantes, d’exprimer, comme il l’entend, un vécu religieux aux préceptes simplissimes.
Le credo de l’affidé se résume à : tout est écrit dans la Bible. Une Bible qu’il lit dans sa langue à lui, donc une traduction, et hors connaissance de l’environnement dans lequel ce livre a été reçu. Pas de connaissance en théologie, en hébreux biblique, en grec, pas d’exégèse, rien de tout ce qui encombre l’esprit d’intellectuels et de coupeurs de cheveux en quatre. La Bible, rien que la Bible et puis baste !
Les pasteurs évangéliques sont formés, quand ils le sont (!), en quelques mois grâce à un kit ad hoc.
Après tout, c’est Dieu lui-même qui inspire leurs sermons, pourquoi faire de longues études ? Et puis à quoi bon réfléchir, il suffit de se laisser porter par la parole divine.
Les offices évangéliques ne sont en rien comparables à ceux de leurs « concurrents » (ils ne méprisent en rien les méthodes musclées du « marketing » moderne). Pas de liturgie séculaire comme chez les orthodoxes, pas de consécration du pain et du vin (ils ne boivent pas ou peu d’alcool, ces bon fidèles), pas de communion.
Et surtout, pas de hiérarchie. Il y a le pasteur, mais pas d’évêque au-dessus de lui pour le contrôler et l’assister. Chaque pasteur est patron chez lui et gère son église comme une petite entreprise. Et même une grosse comme c’est le cas aux États-Unis et, chez nous, à Mulhouse où l’église peut recevoir jusqu’à deux-mille cinq cents fidèles.
L’office s’apparente à un show : musique rock, déhanchements, exhibition parfois débridée de la ferveur et de l’enthousiasme des participants. Ce n’est pas grave, même si de mauvais goût. Ce qui l’est, en revanche, ce sont ces séances de « guérison » par imposition des mains sur de braves gens malades ou supposés tels. Il y va d’une charlatanerie particulièrement révoltante si le pasteur, en sus, réclame des émoluments pour son « miracle » ! Et ce genre de pratique est courant.
Mais les gens aiment. Voilà un type qui parle bien, s’adresse à vous sur fond de musique syncopée et vous raconte des histoires où il fait du Bon Dieu votre copain personnel qui s’occupe de vous et de vos affaires. Et même que si vous le louez comme il faut, il fera de vous un homme (une femme) riche. La richesse témoigne de la gloire du Seigneur, comme dit le pasteur ! Les pauvres n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes, na !
Pas la peine de faire de longs commentaires, l’évangélisme est la bonne excuse pour le riche (ou celui qui croit l’être) de le rester l’âme en paix puisque le Seigneur le comble, lui, de Ses bienfaits. Et de ne rien changer au corpus social, économique et politique qui est le sien.
C’est aussi une incitation à la passivité intellectuelle ; pourquoi réfléchir quand toutes les réponses sont dans la Bible ?
L’évangélique ne fait pas de la politique, du moins ouvertement. Il est attaché à ce qui ne change pas, il supporte donc les options les plus conservatrices. Le modèle capitaliste étasunien est sa tasse de thé. Il se fiche pas mal de la transition écologique, Dieu est le maître du climat. S’il y a des noirs et des blancs (et même des jaunes), c’est que Dieu l’a voulu ! Et puis il est intransigeant sur le plan des mœurs. Pas de sexe avant le mariage, pas d’homosexualité, pas d’onanisme. Des jeunes gens et des jeunes filles boutonneux s’engagent devant leur communauté à respecter ces interdits. Sympa !
On peut se demander où est l’Évangile dans leur discours. La charité est singulièrement absente, la rémission même pas évoquée. Manifestement pour eux un évangélique, pourvu qu’il ne fornique pas ira, c’est sûr, au paradis. Et le riche aussi, même s’il est écrit (mais l’ont-ils lu?) qu’un chameau, par le trou d’une aiguille, y rentrerait plus facilement que ce dernier.
Aux Etats-Unis, Trump est leur candidat. Ils n’ont jamais aimé le programme de santé pour tous d’Obama. Sur le plan international, ils sont très actifs, envoient des émissaires un peu partout, financent l’acquisition d’immeubles pour leurs églises et exportent leur manière de prier et de louer leur généreux Seigneur. Avec Coca-Cola, Disneyland et McDo, l’évangélisme est le support de la culture US.
Qu’ils séduisent de braves gens incultes, rien d’étonnant. Quand il suffit de lire la Bible et d’écouter un pasteur qui, en plus, vous guérit du cancer ou de la dépression, le tout sur fond de musique joyeuse et d’embrassades mutuelles, que vouloir de plus ?
Sauf que la spiritualité, ce n’est pas du rock’n’roll, Dieu se révèle plus facilement dans le désert ou au fond de sombres forêts que dans l’excitation d’une « teuf », fut-elle évangélique !

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Image tirée du documentaire : Jésus Camp

La fabuleuse histoire du pope Noufrakis

Voici l’histoire d’un héros méconnu même dans son propre pays, la Grèce. Il s’appelle Lefteris Noufrakis, c’est un Crétois de noble race, né à Alones, une petite bourgade près de Rethymno. En 1919, il est aumônier militaire et participe avec les forces grecques et alliées à une expédition en Ukraine. En chemin, la flotte mouille à Constantinople. Là, le pope, pris sans doute d’une inspiration divine, décide d’aller à Sainte Sophie (Hagia Sofia), transformée en mosquée depuis 1453, date de la prise de la ville par les Turcs, et d’y célébrer la Sainte Liturgie. Il en parle à quelques militaires qui hésitent et, devant la détermination du pope, acceptent de l’assister. Constantinople est, à l’époque, sous contrôle allié, ce n’est pas une ville occupée mais soustraite à la souveraineté du Sultan. Il y a encore d’importantes minorités arméniennes et grecques ainsi que des Européens d’un peu partout. Accompagné de quatre acolytes, voilà notre Crétois qui pénètre dans l’antique basilique. Imaginons-le prononçant sur le seuil : « Me voilà qui rentre dans Ta demeure pour honorer avec crainte Ton Saint Nom ». A l’intérieur de ce qui, pour eux, est une mosquée, il y a des Turcs qui ne soupçonnent pas encore ce qui se passe. Le pope revêt ses vêtements liturgiques et dit : « Béni soit le royaume du Père, du Fils et du Saint Esprit, maintenant et dans les siècles des siècles ! Dans la paix du Seigneur, prions. »
Et la liturgie de se dérouler conformément au rite. Les musulmans réalisent bien vite que, de mosquée, Hagia Sofia est redevenue ce qu’elle fut : une église. Il y a des mouvements divers et une hostilité larvée mais rien n’empêche notre héros de poursuivre. Le téléphone arabe fonctionne et des Grecs accourent et d’autres chrétiens aussi pour assister, ébahis, à la première liturgie depuis 466 ans dans cette basilique des empereurs.
Nul doute que des anges et des chérubins les protégeaient.
Après la liturgie, nos hommes regagnèrent leur bâtiment à la hâte, les Turcs, réagissant à la « profanation » de leur mosquée étaient devenus menaçants. L’un d’eux s’en pris violemment au pope et le blessa à l’épaule.
L’histoire ne fut point ébruitée par la presse, les alliés n’auraient pas apprécié ce qu’ils auraient qualifié de « provocation » et notre pope retourna dans son humble anonymat.
Il y eut quand même « incident diplomatique » et les (lamentables) excuses qui vont avec.
Pensons à ce qui précède alors que le Pape romain fait des salamalecs en Arabie et que des prélats de toutes obédiences, la bouche en cul de poule, nous enseignent que toutes les vérités sont bonnes à dire.
L’Evangile n’est pas pour les tièdes, les pusillanimes, les timorés. C’est la foi du Croisé qui arbore un chlamyde décoré d’un sang rédempteur. Le pope Noufrakis le savait.
Qui le sait encore ?


Le maître du Haut-Château

Et si le temps et l’espace étaient relatifs ? Vous imaginez un seul instant que le temps est « votre » temps, de même que l’espace ? Toute existence serait impossible, cette situation impliquerait ipso facto le retour à la stase, cet état où précisément espace et temps sont vôtres totalement, donc inexistants. Or exister c’est  quitter la stase et s’intégrer dans un espace et un temps « mondanéisés », comme dit Heidegger, et que vous contribuez par votre existence à « mondanéiser » davantage encore. Vous êtes dans le monde et vous créez le monde. En n’étant plus dans votre stase, vous n’êtes plus chez vous, d’où l’angoisse dite « existentielle ».
Philip K. Dick joue parfaitement en maître de cette insupportable dichotomie dans ses romans et tout particulièrement dans « Le maître du Haut château » (The man in the High Castle), chez J’ai Lu, éditeur.
Nous sommes dans les années 60, l’Allemagne et le Japon ont gagné la guerre. Ils se partagent le monde. Les Etats-Unis sont divisés en trois, l’Est sous contrôle allemand, l’Ouest occupé par les Japonais, au centre, un état croupion à la botte des vainqueurs.
Les protagonistes évoluent sans se rencontrer ni se connaître. Ce qu’ils ont en commun, c’est un livre interdit par la censure, Le Poids de la Sauterelle, qui raconte que ce sont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui ont gagné la guerre. Ecrit par un personnage étrange qui vit dans une bâtisse retranchée du côté des Rocheuses, dans cet Etat vassalisé. Un autre livre les réunit, le Yi-King, l’oracle millénaire des taoïstes.
Pour les héros américains du roman, Le Poids de la sauterelle représente la réalité qu’ils aimeraient vivre mais que le destin leur a ravie. Pour les vainqueurs, ce livre n’est qu’une rêverie subversive qui alimente les désirs de revanche des vaincus. A proscrire donc. L’auteur du Poids de la Sauterelle a pour nom Abendsen. Toujours être attentif à la symbolique des noms chez Dick. Abendsen peut être traduit « fils du crépuscule », ce crépuscule qui annonce un soleil nouveau. Le Yi-King est le livre que les vainqueurs japonais ont apporté dans leurs bagages, comme les Américains l’auraient fait avec Mickey et Coca-Cola s’ils avaient gagné la guerre. Abensen a joué le jeu et consulté l’oracle et c’est ce dernier qui l’a persuadé que la réalité traduite dans l’espace et le temps était fausse et qu’il lui fallait écrire que les vainqueurs étaient les anglo-saxons, parce que c’est la vérité.
Le problème est la définition de la vérité : est-elle comme disent les philosophes l’adéquation entre apparaître et être ? Mais alors, qu’est-ce que l’être sinon l’adéquation entre apparition et apparaître ? Mais l’apparition se réalise dans l’espace et le temps et qui me prouve que ces deux facteurs sont intangibles et purement objectifs ? N’ai-je pas ma propre expérience de l’espace et du temps ?
Le Yi-King dans sa sagesse fait un clin d’œil à celui s’attellerait à donner une réponse définitive à cette métaphysique déjantée :
Dans la lumière du soleil couchant, les hommes, ou bien frappent sur le chaudron et chantent, ou bien gémissent tout haut sur l’approche de la vieillesse. (Hexagramme 30, Celui qui s’attache, le feu).
La réalité est, comme le feu, insaisissable aux mortels, allant et venant au gré de chaudes flammes polychromes.
Tout cela est bien beau, mais les faits sont têtus. L’Allemagne a gagné la guerre et le Japon aussi. Freiherr Friedrich von Merkel est chancelier d’un Reich dont le drapeau flotte à Vladivostok. L’empereur du Japon a reçu ses vassaux australiens avec beaucoup de grâce.
Les Juifs vivent heureux au Birobidjan.
Celui que les dieux remarquent, ils le détruisent. Soyez petit… et vous échapperez à la jalousie des grands. (Philip K. Dick)

Bilal Hassani dérange et cela lui plaît …

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A l’Opéra de Paris, un danseur étoile russe, Sergeï Polunin, une star à ce qu’il paraît, a été blackboulé, le palais Garnier n’en veut pas. Il est mauvais ? Il sait pas faire des pas ? Nenni, il est pro Poutine et, circonstance aggravante, n’aime pas les homo, les gros (grosses) et le fait savoir. Dehors ! Dictature de la bien-pensançe, quand tu nous tiens …
Les Américains de Trump qui ne souffrent pas de ce type de prurit lui ont déjà fait des offres. New-York étant la capitale des arts, c’est toujours mieux à prendre que la provinciale et frileuse douairière parisienne.

Le politiquement correct s’impose partout. Souvenez-vous de la fête de la musique qui vit notre étrange président Macron, l’oeil allumé, se réjouir des singeries chorégraphiques de travestis africains. Vous me direz : les goûts et les couleurs … certes, mais quand même dans le Palais de la Nation … N’y avait rien de plus exaltant et « français » pour célébrer la musique ?
L’Eurovision. Cela fait des années et des années que la France se trimbale en queue de peloton. Il est vrai que dans ce salon international du mauvais goût et de la provocation, si vous n’envoyez pas de femme à barbe, de monstres Goths ou de sumo capitaine de l’armée israélienne, vous n’avez aucune chance de vous faire remarquer.
Alors la France macronienne a décidé de frapper un grand coup. En l’occurrence un jeune « issu de la diversité » (maghrébin) . Il a dix-neuf ans, présente un physique androgyne de jeune débutante pucelle et lisse sa blonde chevelure. What else ? Ah, oui ! Il chante, ne me demandez pas quoi, je n’en sais rien et m’en fous.
Ce frétillant jeune-homme (?) ,cependant, a des ennuis. Il aurait tweeté il y a quelques années lors des bombardements sur Gaza qu’Israël était coupable d’un « crime contre l’humanité » et voilà t’y pas qu’il va s’afficher à Tel-Aviv. Il nie avoir été l’auteur de ce tweet et prétend que ce sont des amis qui … bref ; c’est pas moi, monsieur le journaliste !
Et c’est pas tout, dans une vidéo on le voit esquisser des pas de danse en chantonnant sur une air enjoué que « la France a connu des attentats, par ci et par là ». On croirait le duo de l’âne de « Véronique » revu pour la circonstance. Un député, un seul s’est ému de cette désinvolture et a posé la question qui fâche : ce garçon et-il digne de représenter la France ?
On va pas noircir trop de papier pour une histoire emblématique du climat putride qui règne dans certains cercles de pouvoir et qui nous fait encore participer à cette pitrerie ridicule qui a pour nom « Eurovision » où s’exhibent aussi Israël, le Kazakhstan et bientôt le Pakistan occidental tant qu’on y est.
Pour représenter la chanson française faut-il obligatoirement être hyper-marginal, « issu de la diversité », troisième sexe, androgyne et musulman avec ça ?
Brassens, Ferré, Brel, Aznavour et tant d’illustres de jadis n’ont-ils pas d’héritiers ?